On peut se demander pourquoi cette thématique aujourd’hui : pour certains, la question du féminisme ne se pose pas ou plus. Pour d’autres, la démocratie semble bien éloignée des revendications féministes depuis les années 1970 où elles se sont manifestées avec force.

Je fais partie de ces femmes des années 1970, pour qui semblait aller de soi le fait que nous avions toutes intérêt, pour notre avenir personnel et professionnel, à participer à cette ferveur enthousiaste, qui nous menait à prendre la parole partout où nous le pouvions et ensuite à la garder.

On trouvait là l’occasion de manifester et de dénoncer les multiples façons dont s’exerçait sur nous le pouvoir, dans notre vie familiale et sociale.

J’adhérais à l’époque au mouvement « Choisir » fondé par Gisèle Halimi, avocate de la cause des femmes, où se retrouvaient intellectuelles, employées et ouvrières.

Pourquoi cette adhésion ? En 1978, aucune formation politique ne prenait en charge les demandes des féministes en tant que revendications politiques.

C’est alors qu’est née l’idée d’un Programme Commun des femmes pour qu’elles puissent se battre globalement. Il proposait des mesures concrètes immédiatement applicables comme :

  • « la création d’un Fond de garantie des pensions alimentaires, »
  • « l’égalité des hommes et des femmes désignés comme jurés »
  • « la Cour d’Assise pour les violeurs, des sanctions pénales à l’encontre des discriminations sexistes »
  • « l’obligation d’un quota de participation des femmes aux instances dirigeantes dans les partis politiques »
  • « la représentation proportionnelle aux élections et la création d’un ministère des femmes »

On voit que certaines de ces mesures ont été appliquées d’une façon ou d’une autre.

Ce qu’il faut retenir de cette époque et des années qui l’ont suivie jusqu’en 2000, c’est que cette force de revendication a eu des effets dans notre société et son fonctionnement : plus d’égalité, plus de droits et de respect, moins de sexisme.

Nous ne nous battions pas pour une démocratie directe, participative ou délibérative mais – en partie à la manière des Gilets jaunes aujourd’hui – pour être entendues dans nos demandes, que nous jugions évidentes, en ce qui concerne l’égalité et le respect dans le monde social, juridique et professionnel.

Nous nous battions pour avoir la parole et pouvoir la conserver.

Nous nous battions contre le pouvoir aux mains des puissants, aux mains des mandarins qui ne le lâchent jamais.

Nous n’avons pas utilisé les structures de la démocratie pour nous faire entendre, mais plutôt les grands procès comme ceux contre l’avortement et celles qui l’utilisent.

La démocratie n’avait pas prévu ces revendications et la façon d’y répondre, comme elle n’a pas prévu aujourd’hui de répondre aux revendications diverses des citoyens ; c’est cela que nous devrions faire et que nous avons déjà commencé : 

  • répertorier les multiples atteintes à la mise en place d’un véritable système démocratique
  • les analyser dans leurs diversités et proposer vite des moyens d’y faire face

C’est ce que nous faisons en étant sur des listes municipales, en mesurant les difficultés inhérentes à cette tâche.

Nous sommes légitimes au sein d’À nous la démocratie, encore faut-il faire mieux connaître ses spécificités, la libre parole, l’écoute et les méthodes du mouvement.

Alors Féminisme et Démocratie, c’est un des enjeux de 2020 et je m’y engage avec force.

À suivre…

.

Annette Mathieu

Candidate sur la liste Nancy Écologie Citoyenne à Nancy en 2020

Un commentaire sur « Démocratie et féminisme : 1978 est toujours d’actualité »

  1. Au cours de ses premieres annees de prison, ou il developpe une relation epistolaire avec le penseur libertaire Murray Bookchin, il elabore l’idee d’un confederalisme democratique, pensee theorisant une societe federaliste et communaliste en dehors des structures etatiques, ou democratie directe, ecologisme et feminisme sont lies. Elle est mise pratique, depuis la guerre civile syrienne, au « Rojava » (

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