Au-delà des élections législatives, et dans bien d’autres pays que la France, l’élan démocratique est appelé à se prolonger. Le timide renouveau qu’incarne Emmanuel Macron, la radicalité concrète des mairies Podemos, le vent de révolte du Movimento Cinque Stelle, mais aussi l’espoir de changement incarné par Yanis Varoufakis et ceux qui le soutiennent, procèdent de cette même dynamique. Les vieilles institutions inamovibles, qui dictent leurs règles à des peuples supposés infirmes, ont perdu leur légitimité et sont dès maintenant secouées.

Parmi ces initiatives, le DiEM25 a souhaité connaître la position des candidats aux législatives qui portent les couleurs d’A nous la démocratie !, sur ses propositions. Notre réponse collective est claire : il faut en effet démocratiser l’Europe, et appeler les citoyens à se mobiliser pour réinventer un pouvoir fédéral qui ne soit plus si éloigné, si bureaucratique. Nous sommes également convaincus que « l’irruption démocratique » des mouvements citoyens est salutaire, et qu’elle vaut cent fois mieux que la continuation des politiques communautaires imposées à marche forcée, mille fois mieux que le repli nationaliste. Nous travaillerons de concert avec tous ceux, DiEM25 compris, qui veulent changer en profondeur des institutions vermoulues pour que les citoyens ordinaires reprennent le pouvoir, en lieu et place des professionnels de la politique ou des technocrates qui ne rendent de comptes à personne.

Convaincus de la nécessité d’une démocratisation radicale, nous refusons de préempter, par avance, les sujets d’accord ou de désaccord qui devraient faire l’objet des prochaines politiques publiques. Pour ceux qui réclament (à juste titre) une constituante et une refondation totale des institutions européennes, c’est une curieuse démarche que de lister à l’avance tout ce que les citoyens ainsi mobilisés devraient faire : « la restructuration et la mutualisation des dettes publiques », par exemple, est sans doute une proposition intéressante, et certainement plus démocratique que les règles actuelles de la zone euro. Mais nous ne pouvons mettre la charrue avant les boeufs, et demander à tous nos candidats de s’engager à défendre toutes les propositions de gouvernance (économique, fiscale, écologique, etc.) d’un mouvement qui prétend par ailleurs ouvrir à tous les citoyens le pouvoir de faire la loi. Nous préférons cette deuxième option : avant de trancher sur la réforme de la politique monétaire de la BCE, et son éventuelle indépendance, et le policy mix qu’elle doit adopter… travaillons à des institutions qui permettent à tous les citoyens de connaître ce que l’Union européenne peut (ou non) faire pour eux, et surtout ce qu’ils peuvent faire pour y prendre leur juste part de pouvoir.

A nous la démocratie ! n’appellera donc pas ses candidats à signer la charte du DiEM25, au nom de cette exigence de refondation démocratique, que nous voulons pousser à son terme : s’il faut – et nous le pensons – que les citoyens s’emparent du pouvoir en Europe, ne leur dictons pas à l’avance un programme de gouvernement.

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