Le mouvement des gilets jaunes est un éventail de propositions, dont la conséquence principale pour moi : n’est pas de susciter une adhésion, mais d’enfin inviter à une remise en question. Réfléchir à nous, en tant qu’humain, aussi collectivement, en tant que citoyen… Qui veut enfin se sentir à sa place, totalement serein dans une société, à son image, qu’il comprend, et à laquelle il souhaite donc apporter tout son concours, son humanité, sa créativité, son sens des responsabilités et sa joie.

Une remise en question, en tant qu’humain et citoyen, qui trouve toute sa richesse et sa paisibilité : quand les avis peuvent s’entrecroiser, questionner et se compléter, dans l’écoute, la bienveillance toujours… Sans volonté de dominer, c’est-à-dire sans la croyance sous-jacente d’une détention individuelle potentielle de la vérité. Nous ne connaissons, un à un, que les souffrances au quotidien, que nous ne souhaitons plus endurer. Nous ne souhaitons plus endurer certaines souffrances, car nous savons dissocier la fatalité – certaines douleurs liées aux limites de la condition humaine dont aucun ne peut s’extirper, et qui nous ramène même souvent avec utilité, sur les rives du lien, de l’humilité, de l’empathie – nous savons distinguer cette fatalité qui ramène l’humain à sa juste place, des blessures que les humains s’infligent entre eux, pour s’enorgueillir d’une certaine supériorité, qui ne peut être toujours que de façade, tant c’est le lien qui nous nourrit les uns les autres, et non la peur de gagner, puis de perdre, qui même enrichis matériellement, nous isole.

Rectifier ces souffrances que les humains s’infligent entre eux, et dont ils sont les victimes aux deux bouts : voilà le défi de tous temps des humains, à laquelle notre époque ne fait malheureusement pas non plus exception. Et voilà l’occasion ! Rare ! Unique ! De se parler, d’échanger, sans penser détenir individuellement, ou en petits groupes la vérité. Tous fatigués, par une vie, où nous étions au début élan, feu, si souriants, si généreux, où nous nous ne levons plus chaque matin qu’en robots, sans avoir la motivation d’afficher un sourire, le temps d’offrir une présence sur sa peau. Eloignés, voici enfin l’occasion de se reparler. Franchement. Franchement. De comprendre les enjeux, la réalité qui préoccupe tant les autres. Et de prendre le temps de réfléchir, et d’expliquer le plus précisément possible : la nôtre.

Trouver un espace bienveillant, chaleureux, simple, de discussions, est souvent une difficulté. Désormais, ces espaces ne cessent de se multiplier. « A nous la démocratie », notamment en est un.

« Parler », « se retrouver », « contribuer » : est déjà une première étape pour aimer à nouveau son quotidien.

Et pour en co-créer tous ensemble, progressivement, un autre…

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